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Auto & High Tech

Le rêve d’iCar plane encore

Parmi les nombreuses start-ups automobiles, le projet iCar ne se serait pas brûlé les ailes comme annoncé. Des indices convergents laissent supposer qu’Apple continue de travailler sur le projet d’une voiture. En coulisses, la concurrence se prépare.

Jorge Guerreiro

By Jorge Guerreiro08 juillet 2020

La rumeur avait enflammé la toile et les milieux d’affaires en 2014, après que le Financial Times avait annoncé le recrutement de Johann Jungwirth, ex-chef du département R&D de Mercedes Benz par la firme de Cupertino. A l’époque, tout le monde croyait Apple en plein développement d’une iCar. Deux ans plus tard, Apple reconnaissait implicitement la rumeur en admettant que le projet Titan - nom de code interne du projet automobile - était abandonné au profit du développement de systèmes de conduite autonome et du logiciel Car Play, voués tous deux à être proposés à des constructeurs automobiles tiers, ce qui avait entraîné le licenciement de centaines d’ingénieurs.

Pour Ming-Chi Kuo, un analyste réputé de la marque à la pomme, Apple ambitionnerait de révolutionner le monde automobile d’ici trois à cinq ans. (Shutterstock)

Cependant, et malgré les dénégations d’Apple, la rumeur a la peau dure. En tenant compte de sa valorisation boursière actuelle dépassant les 1500 milliards de dollars, Apple pourrait en théorie se payer le luxe de s’offrir à peu près ce que bon lui semble, y compris la création d’une marque automobile.  Et la récurrence de nouveaux indices découverts au fil des années n’a rien fait pour l’étouffer. A commencer par de récentes embauches à Cupertino, dont celle de Doug Fields, un ingénieur vedette ayant passé 5 ans chez Tesla. Pour Ming-Chi Kuo, un analyste réputé de la marque à la pomme, Apple ambitionnerait de révolutionner le monde automobile d’ici trois à cinq ans.

Deux brevets déposés

Depuis la reprise de ces spéculations, les brevets déposés par Apple sont minutieusement scrutés par les intéressés. A raison, puisque le United States Patent and Tradmark Office (USPTO) a enregistré deux nouvelles demandes de dépôt de brevet, qui viennent étayer la thèse d'une vraie voiture siglée Apple, plutôt qu’un simple système carOS à destination des constructeurs actuels. Le premier détaille un système de toit ouvrant avec une nouvelle technologie de vitres teintées, tandis que le second fait référence à un système d’alertes par vibration devant équiper le siège conducteur.

D’ailleurs, Katy Huberty, analyste chez Morgan Stanley, y croit dur comme fer. Dans une note de recherche axée sur Tesla dont le site AppleInsider a pu prendre connaissance, elle s’emploie à présenter Apple comme futur rival des voitures d’Elon Musk. Selon elle, le projet Titan devrait encore s'accélérer, Apple ayant décidé d’investir la bagatelle de 19 milliards de dollars rien que pour 2020. Pour comprendre l’énormité de la somme, il faut la mettre en perspective des 80 à 100 milliards de dollars dépensés en R&D par l'ensemble de l'industrie automobile chaque année. Huberty ajoute qu'Apple perçoit l’automobile comme un «grand marché sur lequel l’entreprise peut contribuer à une meilleure solution», tout comme elle estime déjà le faire dans les technologies de la santé avec l’Apple Watch et financières grâce à Apple Pay. Pas de doute pour elle: l'objectif final serait bien une intégration verticale de toutes ces technologies afin de produire un véhicule électrique, élégant et autonome.

Services intégrés

Si toutes ces hypothèses devaient être avérées, il reste à savoir si ou quand Tim Cook décidera de rendre public le projet, en annonçant l’arrivée de son iCar. Outre la question de la date de lancement, il est probable qu’Apple choisisse d’attaquer le marché automobile par le haut, en proposant sa voiture à un prix élevé. La transition actuelle opérée par Apple de passer d’une production d'appareils électroniques à une société servicielle pourrait également laisser supposer que d’autres revenus liés à des services et abonnements viendraient s’ajouter au prix du véhicule et ainsi retenir les futurs clients dans l’univers de la pomme…

Bâtie en un temps record, l'usine Tesla de Shanghai a permis d’écouler plus de 11’000 exemplaires de son Model 3 au mois de mai sur le seul territoire chinois (DR)

Cette perspective aurait-elle de quoi impressionner Elon Musk? Rien n’est moins sûr. Sa marque de véhicules électriques a ravi, il y a quelques jours, la place de premier constructeur mondial en matière de valorisation boursière, passant devant Toyota ($ 178mia) et Volkswagen ($ 86mia) pour atteindre les 187 milliards de dollars. Un chiffre qui témoigne de la foi sans bornes que les investisseurs vouent à Tesla, en sachant que le constructeur californien n’a livré que 367’500 voitures lors de l’exercice 2019, alors que la production de ses concurrents japonais et allemands dépassent les 10 millions de véhicules par an chacun!

Quatre nouveaux modèles chez Tesla

Il faut dire que Tesla a le vent en poupe. Bâtie en un temps record, son usine de Shanghai a permis d’écouler plus de 11’000 exemplaires de sa Model 3 au mois de mai sur le seul territoire chinois, alors même que le pays affrontait la crise du coronavirus. C’est sans parler des nouveaux produits déjà annoncés. Le Model Y, quatrième modèle de la gamme du constructeur dont l’arrivée est imminente et qui permettra enfin à Elon Musk de compléter son jeu de mot: S, 3, X,Y. Viennent ensuite la voiture de sport Roadster 2, puis le Cybertruck, un pick-up qui cartonne déjà en précommandes, et enfin le Semi, un tracteur de semi-remorque poids lourd.

Nikola a surperformé au Nasdaq en faisant un bond de 104% récemment, après avoir annoncé l’ouverture des précommandes de son futur pick-up, (DR)

Paradoxalement, c’est peut-être sur ses deux derniers modèles qu’Elon Musk pourrait craindre la concurrence. Un constructeur, nommé Nikola, comme Nikola Tesla, le génial inventeur serbe à qui Elon Musk a rendu hommage en baptisant sa marque Tesla, est sur les rangs. Financée par un panel d’investisseurs de premier plan tels que la firme Blackstone et le milliardaire Trevor Milton, Nikola a surperformé au Nasdaq en faisant un bond de 104% récemment, après avoir annoncé l’ouverture des précommandes de son futur pick-up, le Badger. L’objectif de Nikola est très clair: détrôner la Ford F-150, leader des ventes aux Etats-Unis depuis 43 ans, sur le marché très porteur des fameux trucks. A noter qu’il s’agit déjà du deuxième modèle prévu par Nikola, le premier étant un camion 18 roues dont les commandes vont également bon train. Le brasseur Anheuser-Busch Inbev, plus grand producteur de bières de la planète, s’est par exemple déjà engagé à en acheter 800 exemplaires.

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