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Moyen-Orient: le luxe vacille en Bourse

Eva Morletto

By Eva Morletto03 mars 2026

L’escalade militaire au Moyen-Orient a immédiatement secoué les marchés financiers. Le 2 mars, le CAC 40 a reculé de 1,6%, tandis que le groupe Richemont chutait de plus de 6%, illustrant la forte exposition des groupes de luxe aux hubs stratégiques du Golfe.

Plusieurs enseignes des groupes Chalhoub, Kering ou Richemont ont fermé leurs enseignes dans les centres commerciaux de luxe, comme au Dubaï Mall, ci-dessus (Shutterstock)

La séance du 2 mars du CAC 40 a confirmé l’ampleur du choc géopolitique sur les marchés européens. Dans un contexte de fuite vers les valeurs refuges après l’annonce des frappes et des ripostes iraniennes, l’indice parisien a terminé en baisse de 1,6%.

Les groupes du luxe en première ligne

Les acteurs du secteur ont accusé des replis marqués. Richemont a perdu plus de 6% à la Bourse suisse, parmi les plus fortes baisses du secteur. À Paris, LVMH et Kering ont respectivement été impactés par une baisse d’environ 4,1% et 4%.

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Cette réaction s’explique par l’exposition stratégique du secteur à la région. Pour Richemont, la zone Moyen-Orient et Afrique représente près de 9% du chiffre d’affaires (contre 19,6% pour la Chine et 21% pour les États-Unis). Si ce poids demeure inférieur à celui des grands marchés asiatiques et américains, le Golfe constitue un hub clé pour les achats de luxe. Les Émirats arabes unis, notamment Dubaï et Abou Dhabi, concentrent des flux touristiques à fort pouvoir d’achat autour de leurs flagship stores.

Perturbations locales et risques prolongés

Au-delà de la réaction boursière, l’impact opérationnel est immédiat: plusieurs enseignes internationales ont fermé temporairement leurs points de vente ou réduit leurs effectifs dans les centres commerciaux des Émirats, en pleine haute saison hivernale. Le Chalhoub Group, distributeur régional de marques comme Versace, Jimmy Choo ou Sephora, a notamment fermé ses boutiques à Bahreïn. De son côté, Kering, propriétaire de Gucci, a suspendu temporairement l’activité de plusieurs magasins aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn et au Qatar, ainsi que les déplacements vers la région.

La tension régionale ne se limite pas aux marchés financiers. La fermeture de l’espace aérien de Dubaï et d’Abu Dhabi, la suspension des échanges sur certaines routes maritimes et la perturbation des transports ont des conséquences directes sur le flux de visiteurs internationaux. La réaction des marchés reflète ainsi une appréhension plus large des risques géopolitiques dans un secteur qui, ces dernières années, a largement bénéficié de la stabilité relative des zones stratégiques comme le Golfe. À long terme, si l’instabilité persiste, Richemont et les autres groupes du luxe seraient amenés à adapter leur stratégie de vente, en réorganisant les investissements retail hors des villes du Golfe, vers d’autres capitales du luxe, et en accélérant le développement de l’e-commerce pour capter à distance la clientèle régionale.

À retenir

• Le 2 mars, le CAC 40 a reculé de 1,6% dans un mouvement de repli lié à l’escalade au Moyen-Orient.

• Richemont a chuté de plus de 6%, signant l’une des plus fortes baisses du secteur.

• Le Moyen-Orient et l’Afrique représentent environ 9% du chiffre d’affaires de Richemont, une zone stratégique malgré un poids inférieur à la Chine et aux États-Unis.

• LVMH (-4,1%) et Kering (-4,0%) ont également été lourdement sanctionnés.

• Des fermetures temporaires de boutiques ont été annoncées dans le Golfe, notamment par Chalhoub Group (Versace, Sephora) et Kering.

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