LVMH accélère au deuxième trimestre 2026, porté par les États-Unis et la joaillerie
LVMH enregistre une amélioration de son activité au deuxième trimestre 2026, sans pour autant retrouver une croissance soutenue. Le marché américain et les marques de joaillerie constituent les principaux moteurs du semestre, tandis que la Mode et Maroquinerie renoue avec une croissance modeste.
LVMH a réalisé 38,6 milliards d’euros de ventes au premier semestre 2026, en baisse de 3% en données publiées, mais en hausse de 2% à périmètre et taux de change comparables. Le résultat opérationnel courant recule de 4%, à 8,7 milliards d’euros, sous l’effet notamment de l’évolution défavorable des devises, mais la marge opérationnelle demeure néanmoins élevée, à 22,5 %. Le cash-flow enregistre une augmentation de 2% à 4,1 milliards d’euros. Il avait bondi de 29% au premier semestre 2025. Plus faible, il est tout de même le signe d'une gestion plus stricte des stocks et des investissements.
Après une croissance organique de 1 % au premier trimestre, le groupe a progressé de 3% au deuxième trimestre, avec un chiffre d’affaires trimestriel de 19,5 milliards d’euros. Hors impact du conflit au Moyen-Orient, LVMH estime que cette croissance aurait atteint 4%.
Cette progression dépasse légèrement les attentes de plusieurs analystes, qui tablaient sur une hausse organique d’environ 2% à 2,6% au deuxième trimestre. Le marché boursier attendait surtout des signes d’amélioration dans la Mode et Maroquinerie, une confirmation du redressement américain et la capacité du groupe à préserver ses marges, ce qui s’est vérifié.
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Les États-Unis deviennent le principal moteur géographique
La performance du deuxième trimestre est largement soutenue par les États-Unis, où les ventes de LVMH ont progressé de 6% en organique, après une hausse de 3% au cours des trois premiers mois de l'année. La demande américaine compense ainsi une activité plus faible en Europe et dans la région du Golfe, affectée par le conflit au Moyen-Orient et le recul du tourisme lié à la guerre.
L’amélioration américaine est particulièrement visible dans la Mode et Maroquinerie. LVMH évoque une «forte accélération» dans le pays, portée notamment par les premières créations de Jonathan Anderson pour Dior. Louis Vuitton bénéficie également de la résistance de la clientèle locale, tandis que les consommateurs américains continuent de soutenir Sephora et les grandes Maisons de joaillerie.
La Mode et Maroquinerie progresse, mais reste sous surveillance
La Mode et Maroquinerie, première activité de LVMH et principale source de profits du groupe, affiche une amélioration encore limitée. Après une baisse organique de 2% au premier trimestre, ses ventes progressent de 1% au deuxième trimestre, contre une chute de 9% à la même période en 2025.
Ce retour dans le vert met fin à sept trimestres consécutifs de recul, mais la performance reste légèrement inférieure au consensus, qui attendait une croissance proche de 1,7%. Sur l’ensemble du semestre, les ventes de la division reculent de 1% en organique à 18,1 milliards d’euros.
LVMH attribue notamment l’amélioration aux premières collections de Jonathan Anderson chez Dior, dont le démarrage commercial est jugé encourageant, ainsi qu’aux performances des nouveaux flagships de Louis Vuitton à Pékin et Séoul. Loro Piana poursuit également sa croissance, tout comme Rimowa.
Tiffany et Bvlgari tirent la croissance
Les Montres et Joaillerie constituent la principale surprise positive du semestre. La division affiche une croissance organique de 7% au premier trimestre, puis de 11% au deuxième, soit la plus forte progression de l’ensemble des activités de LVMH. Sur six mois, ses ventes augmentent de 9% en organique et de 3% en données publiées, à 5,2 milliards d’euros. Le résultat opérationnel courant progresse également de 9%, à 831 millions d’euros.
Cette croissance est principalement attribuable à la joaillerie. Tiffany & Co. bénéficie du développement de ses collections iconiques, notamment Knot et HardWear, ainsi que de la rénovation de son réseau de boutiques. Bvlgari enregistre de son côté une forte progression, avec un nouveau record de ventes pour sa collection de haute joaillerie et de montres de prestige Eclettica.
La performance dépasse nettement les prévisions formulées avant la publication. Barclays anticipait une croissance organique de 8% pour la division au deuxième trimestre, alors que LVMH a finalement atteint 11%.
Elle confirme également une tendance plus générale du marché du luxe: dans un environnement encore difficile pour la mode et la maroquinerie, la joaillerie apparaît comme une catégorie plus résistante, portée par une perception accrue de la valeur patrimoniale des pièces.
En horlogerie, LVMH reste plus discret sur les performances par marque. Le communiqué met surtout en avant la visibilité de TAG Heuer dans le cadre de son partenariat avec la Formule 1. La croissance de la division semble donc provenir avant tout de Tiffany et de Bvlgari plutôt que d’un redressement homogène de l’ensemble des marques horlogères.
Sephora et les Vins et Spiritueux complètent l’amélioration
La Distribution sélective progresse de 6% en organique au deuxième trimestre, après 4% au premier. Les Vins et Spiritueux affichent également une croissance organique de 5% sur les deux trimestres. Le résultat opérationnel courant de l’activité augmente de 11%, grâce aux premiers signes de reprise du champagne et du cognac. Hennessy profite notamment d’une amélioration de la demande en Chine.
Les Parfums et Cosmétiques restent en revanche stables en organique sur le semestre et reculent de 1% au deuxième trimestre.
Le premier semestre 2026 apporte donc des signes d’amélioration et peut être vu comme un point d’inflexion des tendances.
À la fermeture de la Bourse de Paris ce 27 juillet 2026, et à la publication des chiffres, l'action LVMH (Euronext Paris) a clôturé à 466,80 euros, en hausse de 1,10% par rapport à la séance précédente.
À noter que depuis le début de l’année, la valorisation boursière du premier groupe de luxe a baissé de près de 30%.
À retenir
- LVMH accélère au deuxième trimestre, avec une croissance organique de 3 %, contre 1 % au premier trimestre, même si la reprise reste encore modérée.
- Les États-Unis deviennent le principal moteur géographique, avec des ventes en hausse organique de 6 % au deuxième trimestre, compensant la faiblesse de l’Europe et du Moyen-Orient.
- Les Montres et Joaillerie signent la meilleure performance du groupe, à +11 % au deuxième trimestre, principalement grâce à Tiffany & Co. et Bvlgari, tandis que la Mode et Maroquinerie ne progresse que de 1 %.
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