Le regain de tension entre les États-Unis et l'Iran a fait chuter le CAC 40 de 2,18% mercredi 8 juillet, entraînant dans son sillage les valeurs du luxe. Mais au-delà du choc de la séance, c'est une résilience boursière construite depuis des années qui se fissure, et Hermès, longtemps épargnée, n'y échappe plus.
La séance de mercredi 8 juillet restera comme l’une des plus difficiles de l’année, à la Bourse de Paris. En cause, l’annonce du retour des sanctions américaines sur le pétrole iranien, les bombardements sur plus de 90 cibles militaires iraniennes, après plusieurs attaques contre des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, que Washington attribue à Téhéran, et in fine la décision de l’Iran de refermer le détroit à la navigation. Cette nouvelle escalade des relations entre les deux pays a eu pour conséquence une baisse de 2,18% du CAC 40, l'une de ses pires séances de l'année.
La réaction des marchés a été immédiate et généralisée. Le pétrole a bondi de plus de 7 à 11% en l'espace de deux séances, à 80 dollars le baril. La crainte des investisseurs d'un retour de l'inflation par les prix de l'énergie a fait bondir de 15% le VIX (CBOE Volatility Index), l’indice américain de la volatilité surnommé l’«indice de la peur».
La fin de la résilience des valeurs boursières du luxe
Dans ce contexte, et ce depuis le début de l’année, les valeurs boursières du luxe ne résistent plus aussi bien qu’avant. Cette fameuse résilience qui plaisait tant aux investisseurs a cessé d’être le phare dans la tempête. Mais cette perte de confiance s’est progressivement installée. Les premiers signes de fragilités sont apparus dès 2023 avec la fin du rattrapage post-Covid. Puis, le ralentissement de la consommation chinoise s'est aggravé en 2024. En 2025, en Bourse, LVMH est resté globalement stable, Hermès a reculé de 9 % tandis que l'action Kering bondissait de 26,34 %, alors même que le chiffre d'affaires du groupe reculait de 12% (Les investisseurs avait salué par anticipation les mesures de restructuration engagées par le nouveau directeur général Luca de Meo, plutôt que de sanctionner les résultats de l'exercice écoulé).
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la correction s'est encore accentuée avec l'irruption de la guerre en Iran: à la clôture du 8 juillet 2026, LVMH cédait 24,8% et Hermès 26 % depuis le début de l'année, tandis que Kering limitait la casse à environ -16 à -18%.
L’indice boursier d’Hermès n’est plus aussi résilient qu’avant
Mais ce qui est nouveau, depuis le début de l’année 2026, est à regarder du côté de l’indice boursier du groupe Hermès. Faisant jusqu’à peu figure d’exception, maintenant ses positions malgré les tensions géopolitiques, la valeur du groupe Hermès n’a pas résisté et a montré sa sensibilité directe aux soubresauts mondiaux. Entre le 1er janvier 2026 et aujourd’hui 9 juillet 2026, l'action Hermès International a reculé d'environ 24,4%, voyant son cours passer d'environ 2 104 euros à la clôture de l'année précédente à 1 590,50 euros lors de la séance du jour. Cette baisse représente une perte de capitalisation boursière de près de 40 milliards d'euros, ramenant sa valeur totale à près de 168 milliards d'euros. En cause, comme chez les autres grands du luxe: la chute des ventes au Moyen-Orient, la baisse de l’intérêt des clients aspirationnels chinois et des effets de change négatifs. Et comme pour tous les actifs sensibles au cyclée économique, les investisseurs les délaissent.
Le regain de tension au Moyen-Orient est donc un problème avec lequel le luxe va devoir compter pour une période plus longue qu’anticipé. Comme environ 30% des achats de produits de luxe dans le monde sont réalisés par des clients en voyage à l'étranger, toute perturbation du trafic aérien ou de la confiance des consommateurs dans cette région se répercute directement sur les marques de luxe.
À retenir:
• Un choc géopolitique brutal: Le CAC 40 chute de 2,18 % le 8 juillet, plombé par l'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran et la hausse du prix du pétrole.
• Une résilience du luxe qui s'érode depuis 2023: Après des années de résistance aux crises, les valeurs du luxe accusent une correction: LVMH -24,8 %, Hermès -26 % depuis janvier 2026.
• La crainte d’une hausse de l’inflation: Le pétrole a bondi de plus de 7 à 11 % en l'espace de deux séances, à 80 dollars le baril. La crainte des investisseurs d'un retour de l'inflation par les prix de l'énergie a pesé.
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