Les Rencontres de la photographie attirent à Arles le gratin mondial de l'image. Depuis quelques années, les grandes maisons de luxe, de Louis Vuitton à Guerlain ont compris que la ville était le seul endroit en France où la culture, l'argent et le désir se croisent sans (presque) jamais se regarder de travers.
Arles a cette chose rare que peu de villes possèdent encore: elle oblige à être présent
Marc-Antoine barrois, parfumeur
Le 7 juillet au soir, dans une cour intérieure quelque part entre les Arènes et les Alyscamps, Marc-Antoine Barrois donnait un dîner. Pas un dîner de marque, mais celui qu'on offre quand on a quelque chose à célébrer et qu'on n'a pas envie de le faire seul. Le couturier-parfumeur parisien fêtait les dix ans de B683, son premier parfum, et le lancement d'un livre de photographies né de ce décennal: 72 photographes internationaux, 164 images prises dans des intérieurs du monde entier, une bouteille de parfum quelque part dans le cadre. Un projet collectif, sincère, non démonstratif, exactement à l'image de la maison. Autour de la table, des photographes, des galeristes, des personnalités du parfum, quelques figures du luxe et de la mode. La conversation était légère et profonde en même temps, comme souvent à Arles quand la lumière baisse et que le rosé de Provence fait son office.
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C'est ce dîner-là qui résume sans doute le mieux ce qu'Arles est devenu pour les marques premium: non pas un terrain de communication, mais un lieu de vie. Un endroit où l'on vient parce qu'on aime, pas parce que le plan marketing l'exige. «Arles a cette chose rare que peu de villes possèdent encore: elle oblige à être présent» dit Marc-Antoine Barrois, dont l'exposition B683 — Dix Ans de Parfumerie se déploie jusqu'au 30 août à la Maison Close, passage Robert Doisneau. «Les gens viennent voir, sentir, rencontrer. Il n'y a pas de filtre.»
Une galerie à ciel ouvert
La 57e édition des Rencontres d'Arles se tient du 6 juillet au 4 octobre 2026, mais c'est la semaine d'ouverture qui concentre tout ce que la planète compte d'amoureux de l'image, de collectionneurs, de directeurs artistiques et de gens qui font semblant de ne pas être là pour les autres. Quarante expositions, plus de 160 artistes, près de 50 commissaires sur 12 000 m². La ville devient une galerie à ciel ouvert, et les ruelles romaines se transforment en corridors d'art contemporain.
Le directeur Christoph Wiesner et la directrice adjointe Aurélie de Lanlay ont placé cette édition sous le titre Des mondes à relire, une invitation à repenser notre regard sur les images et le monde. Une ambition qui résonne particulièrement en 2026, année marquée par la résurgence des conflits et l'omniprésence du virtuel. Parmi les temps forts, le réalisateur coréen Park Chan-wook et Charlotte Gainsbourg font leur entrée dans le programme avec leurs propres photographies.
C'est dans ce contexte d'effervescence culturelle maximale que les grandes maisons ont décidé, les unes après les autres, de poser leurs valises à Arles.
Le Fonds Bustamante: Arles s'installe dans l'éternité
Il est aussi des ouvertures qui changent l'ordre des choses. Le 9 juillet 2026, Jean-Marc Bustamante inaugurait le Fonds Bustamante, nouvelle institution culturelle indépendante installée au cœur d'Arles, dans l'ancienne église Sainte-Croix du quartier de la Roquette, un édifice du XIIe siècle qui a connu plus de vies qu'un chat: église paroissiale, lieu de culte, salle de bal, friche artistique, espace d'exposition, hôtel.
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