Art Basel 2026: ces galeries, dont la renommée peut basculer en quelques jours
By Jacqueline Chelliah18 juin 2026
Que l’on soit établi ou émergent, être exposé à Art Basel peut changer le destin d’un artiste, mais aussi celui d’une galerie. Pour cette 56e édition, la foire d’art la plus importante au monde surprend encore avec des installations vertigineuses, de celles du célèbre plasticien japonais Tadashi Kawamata, au jeune peintre suisse Marius Steiger.
Art Basel est le joyau de la couronne[...] Nous en ressentons déjà l’impact, alors que les portes de la foire se sont ouverts il y a seulement deux jours
Pier Stuker, fondateur de la galerie blue velvet
La rencontre était prévue à l’Orangerie, un loft profilé pour accueillir des événements, situé dans un joli quartier résidentiel de la ville de Bâle. Tadashi Kawamata, tout de noir vêtu, le visage rehaussé de petites lunettes rondes, l’allure juvénile malgré sa longue carrière dans l’art, attendait paisiblement sur la terrasse. À l’invitation de Ruinart, une dizaine de médias, dont Luxury Tribune, étaient conviés à découvrir ses œuvres.
Unlimited, l’installation "Conversations with Nature" sera cette année accessible au public pour la première fois en Suisse (PR-TICULAR)
Artiste japonais attiré depuis toujours par les espaces publics, il s’est mis à fabriquer, dès ses débuts, des installations dans des parcs, des forêts et des bâtiments vides, souvent à partir d'objets de récupération. Ses œuvres ont été exposées dans le monde entier, du Madison Square Park de Manhattan au Centre Pompidou à Paris. Cette année, dans le cadre de ses «Conversations with Nature», Ruinart - la plus ancienne Maison de Champagne au monde -, l’a invité a réalisé trois installations en bois sur leur site du 4 rue des Crayères à Reims, en France.
Après avoir fait son entrée sur la scène artistique internationale en 1982, lors de la Biennale de Venise, il devient ensuite le premier Asiatique à suivre le programme de résidences du PS1 à Brooklyn, un lieu aujourd’hui rattaché au MoMa, et qui a donné naissance à de nombreux artistes émergents. Kawamata y croise alors le jeune Andy Warhol et découvre le street art, puis les graffitis de Keith Haring et de Jean-Michel Basquiat, des artistes qui ont façonné le monde de l'art de manière spectaculaire et intemporelle.
«Entre 1983 et 1984, le quartier de Soho était en pleine ébullition, nous confie Kawamata. De nombreux artistes étaient encore anonymes et l’art de rue était illégal. J’ai été très inspiré par tout ce que je découvrais, notamment les graffitis de Keith Haring et Basquiat. Tout comme eux, je ne voulais pas enfermer mes installations dans des galeries ou des musées, je voulais rester libre.»
Inspiré par ce qu’il voit dans les rues de New York, il se met à construire des abris de fortune temporaires, en utilisant du carton. Il poursuit: «Ces abris étaient illégaux, éphémères et en phase avec la réalité sociale. Mon travail était comme une forme d’art de rue.»
Tout comme Keith Haring ou Jean-Michel Basquiat, je ne voulais pas enfermer mes installations dans des galeries ou des musées, je voulais rester libre
Tadashi Kawamata, artiste
Depuis, celui qui réside aujourd’hui entre Tokyo et Paris est un habitué des installations monumentales et le bois est devenu son language de prédilection. Souvent démontées à l’issue d’expositions, ses œuvres incarnent l’idée d’un cycle de construction, de disparition et de renouveau.
Pour la 56e édition de Art Basel, Ruinart, l’un des partenaires de longue date de la foire, a choisi, pour la première fois, d'installer son espace dédié à quelques pas de l’entrée du secteur «Unlimited», une plateforme pour les projets qui dépassent le cadre classique d'un stand de salon d'art.
Offrant la possibilité aux artistes de créer des œuvres in situ, le gigantesque hall leur permet de présenter des installations monumentales, qu’elles soient composées de sculptures colossales, de peintures murales aux dimensions illimitées, de séries photographiques, de projections vidéo à grande échelle, ou encore de performances en direct.
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