Malgré les critiques sur sa gouvernance, Swatch Group a vu ses actionnaires renouveler massivement leur confiance à la famille Hayek lors de l’assemblée générale. Le rejet de la candidature de l’investisseur activiste Steven Wood confirme la solidité du contrôle familial au sein du géant horloger suisse.
L’assemblée générale de Swatch Group, réunie hier, a confirmé la stabilité du contrôle familial au sein du premier horloger suisse. Dans un contexte où les débats sur la gouvernance des groupes de luxe s’intensifient, les actionnaires ont renouvelé leur confiance à la famille Hayek, tout en rejetant nettement la tentative de l’investisseur activiste américain Steven Wood d’intégrer le conseil d’administration.
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La proposition de Wood, fondateur du fonds GreenWood Investors, visait à obtenir un siège d’administrateur indépendant et à renforcer la représentation des actionnaires minoritaires. Elle s’inscrivait dans une campagne plus large appelant à une évolution de la gouvernance du groupe, jugée trop concentrée autour du cercle familial. Le vote a toutefois été sans ambiguïté: près de 80% des actionnaires ont rejeté sa nomination, confirmant la solidité du bloc de contrôle autour de la famille Hayek.
Dans le même temps, les actionnaires ont validé la nomination d’Andreas Rickenbacher, économiste d’entreprise et ancien conseiller d’État du canton de Berne. Rickenbacher était le candidat soutenu par le conseil, il rejoint ainsi l’organe de gouvernance avec 92,2% des voix. Ce choix illustre la volonté de Swatch de préserver une continuité stratégique dans un environnement de marché toujours contrasté pour l’horlogerie suisse, entre normalisation de la demande et montée des exigences sur la transparence de la gouvernance.
La famille Hayek conserve ainsi une influence déterminante sur les orientations de l’entreprise, notamment grâce à son système de droits de vote différenciés. Nayla Hayek, présidente du conseil, a défendu ce système en insistant sur la nécessité de protéger l’indépendance industrielle du groupe.
Dans ce contexte, les derniers jours ont également été marqués par une initiative stratégique d’envergure sur le plan créatif: la collaboration entre Swatch et Audemars Piguet. Un partenariat exclusif autour de la Royal Oak d’Audemars Piguet qui a suscité une forte attention dans l’industrie. Ce rapprochement, à la croisée de deux univers horlogers très différents, illustre la volonté croissante des maisons suisses de multiplier les liaisons entre innovation, héritage et codes contemporains du luxe. La collaboration est déjà interprétée dans le milieu horloger comme un signal fort d’ouverture culturelle au sein d’un secteur traditionnellement très cloisonné.
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