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La ruée vers les Hamptons

Lorsque les écoles de New York ont fermé en mars à cause de la crise sanitaire, les propriétaires de maisons dans les Hamptons ont laissé derrière eux la ville et la Covid-19. Ceux qui ne possédaient pas de résidence secondaire se sont retrouvés sur le marché locatif le plus compétitif que l'East End ait jamais connu, et ils ne sont pas près de partir.

Kristen Shirley

By Kristen Shirley28 août 2020

A Dawn Lane, propriété cotée à 7 250 000 $ (Craig McNaughton, NY90, The Corcoran Group)

Depuis toujours, les Hamptons sont synonymes d'immobilier haut de gamme, mais 2020 sera une année record. La demande n'a jamais été aussi forte, ni aussi compétitive. La raison? Les habitants de New York ont fui au plus fort de la crise du Covid-19, laissant des appartements exigus pour des maisons gigantesques et des espaces extérieurs privatifs (et des piscines). Pat Petrillo, agent immobilier associé au bureau de Southampton de Sotheby's, travaille comme courtière dans les Hamptons depuis plus de 40 ans, et elle dit n'avoir jamais rien vu de tel cette saison. «Avec la Covid-19, nous avons eu un nombre considérable de personnes qui ont fui New York, souhaitant venir dans les Hamptons et louer une maison. Le marché de la location a connu une croissance fulgurante».

Avec la Covid-19, nous avons eu un nombre considérable de personnes qui ont fui New York, souhaitant venir dans les Hamptons et louer une maison. Le marché de la location a connu une croissance fulgurante

Pat Petrillo, agent immobilier associé au bureau de Southampton de Sotheby's

Conséquence: l'immobilier à New York souffre. Le rapport de Douglas Elliman sur le secteur immobilier de juillet 2020 indique que le prix médian de la location à Manhattan a diminué de 7,6 % par rapport à juillet 2019 et que le nombre de logements vacants a augmenté de 2,33 %, ce qui représente la plus forte baisse d'une année sur l'autre en près de neuf ans et un nouveau record pour le nombre de logements vacants. À Brooklyn, le parc locatif a augmenté de 84,2 %, un chiffre ahurissant.

A East Quogue, propriété vendue pour 1 525 000 dollars (le prix de départ était de 1 449 000 dollars) (Austin Collins, RISE Media, The Corcoran Group)

L’augmentation fulgurante des locations

Ernie Cervi, vice-président senior régional de l'East End à Corcoran, a été surpris par la rapidité avec laquelle la demande a augmenté et par la façon dont cela a changé la prolongation de la saison. Il explique: «Le changement a été très rapide. Certains clients qui avaient déjà obtenu des locations depuis le Memorial Day jusqu'au Labor Day, nous ont appelés pour savoir s'ils pouvaient venir immédiatement. Ils voulaient commencer leur location le plus tôt possible». Cela a considérablement augmenté la demande et les dates de location anticipées ont signifié que les propriétaires qui ne louaient habituellement pas leurs maisons les mettaient sur le marché, à condition qu'ils puissent trouver un autre endroit où aller. La pression de la demande locative et la concurrence étaient intenses, notamment parce que le parc immobilier était faible en mars. Les maisons se louaient pratiquement dès leur mise sur le marché, même à des prix plus élevés, et beaucoup ont connu des guerres d'enchères, phénomène inédit pour les propriétés locatives. Les ventes ont elles aussi considérablement augmenté. Deux raisons à cela: l’empressement des intéressés à trouver un logement et la grande incertitude économique.

Selon Ernie Cervi «une maison est arrivée sur le marché un vendredi pour 1,4 million de dollars, et le lundi suivant, quatre enchérisseurs se disputaient la propriété. La maison a été vendue en trois jours». Une inévitable augmentation des prix s’en est suivi. Le rapport Elliman indique que le prix de vente médian a augmenté de 27,1 % depuis juillet 2019. Aujourd'hui, le parc immobilier est si réduit (25,5 % de moins qu'en juillet 2019) que de nombreux futurs propriétaires ne trouvant pas le lieu idéal pour s'installer cherchent à prolonger leur location jusqu'à fin 2020, voire pour une année entière s'ils inscrivent leurs enfants dans les écoles locales, également sur liste d'attente.

Un changement de mentalité durable?

Alors que la concurrence pour les ventes et les locations reste féroce et s'étend jusqu'à l'automne, la plupart des courtiers s'attendent à ce qu'elle diminue au fur et à mesure que la situation se rétablit et que les nouveaux résidents des Hamptons découvrent la réalité d'une saison hivernale peu active. Selon Pat Petrillo «les gens finiront par revenir pour profiter de tout ce que la ville de New York a à offrir. Je pense que certaines personnes opteront pour un réel changement, mais je ne pense pas que ce sera la majorité des gens qui sont actuellement locataires ici». A contrario, selon Ernie Cervi «les Hamptons ont toujours été un endroit où les gens veulent être, maintenant je pense que les gens pensent que les Hamptons sont un endroit où les gens doivent être. Ils n'abandonnent donc pas nécessairement New York, mais ils vont disposer d'un endroit où ils pourront venir quand ils le voudront sans avoir à se soucier de réserver une location. Je vois personnellement cela comme un tournant».

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