Accord Chine-Suisse: les bénéfices pour l’horlogerie helvétique
By Eva Morletto24 août 2026
La Suisse et la Chine viennent de franchir une étape décisive dans la modernisation de leur accord de libre-échange, en vigueur depuis 2014. Après cinq cycles de négociations, Berne et Pékin ont annoncé avoir conclu leurs discussions.
Le texte doit encore être finalisé et signé d’ici la fin de l’année, mais son importance est déjà considérable: à terme, 99,8 % des exportations suisses couvertes par l’accord pourront entrer sur le marché chinois sans droits de douane, contre environ la moitié aujourd’hui. L’accès au marché chinois sera ainsi globalement moins coûteux et facilité.
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Un gain important pour les horlogers suisses
Pour les maisons horlogères suisses, l’intérêt est très concret. Si les droits de douane diminuent, le coût d’importation des montres en Chine baissera. Les marques pourront alors soit réduire leurs prix sur le marché chinois, soit conserver cet avantage pour améliorer leurs marges, soit réinvestir ces économies dans leurs boutiques, leur marketing et la relation avec les clients locaux. L’impact exact reste toutefois à préciser, car le détail des baisses tarifaires et leur calendrier n’ont pas été divulgués.
Cette performance contraste avec le ralentissement persistant du marché chinois, qui n’est plus le principal moteur de l’horlogerie suisse. En juillet, les exportations vers la Chine ont reculé de 18,5% sur un an, alors qu’elles ont bondi de 26,5% vers les États-Unis, selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH). Le haut de gamme a toutefois continué de résister: les montres affichant un prix d’export supérieur à 3000 francs suisses ont progressé de 12% en juillet 2026 sur le marché global.
Des droits de douane plus bas, mais une demande toujours fragile
En Chine, la consommation de luxe est toujours freinée par le ralentissement économique et par l’évolution des comportements des consommateurs, notamment des plus jeunes. Récemment, un durcissement fiscal, touchant directement les patrimoines «offshore» des grandes fortunes locales, s’est ajouté à cette évolution. Les autorités ont en effet renforcé la taxation des revenus issus de structures et investissements détenus à l’étranger. Le nouvel accord ne suffira donc pas, à lui seul, à relancer fortement la demande chinoise. Il donnera néanmoins aux marques suisses de luxe un levier qu’elles avaient perdu: celui de pouvoir arbitrer plus librement entre prix, marges et investissements.
La Chine demeure aujourd’hui le troisième partenaire commercial de la Suisse, après l’Union européenne et les États-Unis.
À retenir:
- La Suisse et la Chine ont conclu les négociations pour moderniser leur accord de libre-échange : à terme, 99,8 % des exportations suisses couvertes par l’accord pourraient entrer en Chine sans droits de douane.
- L’horlogerie suisse pourrait bénéficier d’une plus grande flexibilité sur le marché chinois, avec la possibilité de répercuter les économies douanières sur les prix, les marges ou les investissements locaux.
- L’accord intervient alors que la demande chinoise reste fragile : les exportations horlogères suisses vers la Chine ont reculé de 18,5 % en juillet, contre une hausse de 26,5 % vers les États-Unis.
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