Voyage & Bien-être

Tourisme de luxe: où partir cet été?

Fabio Bonavita

By Fabio Bonavita26 juin 2020

Avec la réouverture progressive des frontières, les voyageurs fortunés peuvent à nouveau rêver d’escapades estivales. Covid-19 oblige, ils devraient privilégier les yachts, les jets privés et les villas sécurisées. En Europe, évidemment.

Le lac de Braies dans les Dolomites, en Italie (Shutterstock)

Cet été, les globetrotteurs européens n’auront pas le choix. Ils devront certainement se contenter d’un seul continent. Quentin Desurmont, fondateur de l’agence franco-suisse Peplum et du label Traveller Made, en est convaincu: «Les voyageurs fortunés dépenseront davantage, mais partiront moins loin. Ils resteront majoritairement en Europe, ce qui est une bonne chose car les Américains, les Moyen-Orientaux et les Asiatiques ne viendront quasiment pas. La règle et le timing sont imposés par les gouvernements.» Côté destinations, le choix s’élargit au fur et à mesure des étapes de déconfinement. A l’heure où ces lignes sont écrites, il est déjà possible de se rendre en Italie, en Grèce, en Suède, en Allemagne, au Portugal, en Croatie, en Pologne ou encore en Espagne. Les idées d’escapades sont nombreuses: plonger dans les eaux turquoise de Sardaigne, explorer les criques et les ports de pêche de la Dalmatie, naviguer d’île en île au cœur des Cyclades, mais aussi partir à la découverte des parcs naturels du Grand Nord aux portes du cercle polaire.

En Italie, le groupe hôtelier Aman propose, quant à lui, une expérience de six nuits de Venise aux Dolomites. Après avoir exploré les beautés de la lagune, ses canaux, ses monuments emblématiques, son art et son architecture si particulière, les hôtes partiront au cœur du massif des Alpes pour y admirer les vues spectaculaires et la gastronomie locale alliant viandes de la région et poissons d’eau douce provenant des lacs transparents des Dolomites.

L’Italie, ici Portofino, attend principalement des touristes européens cet été. (Unsplash)

Entre-soi luxueux

Les voyageurs fortunés dépenseront davantage, mais partiront moins loin

Quentin Desurmont, fondateur de l’agence franco-suisse Peplum et du label Traveller Made

Au sein de l’agence Voyageurs du Monde, la directrice communication Nathalie Belloir fait preuve d’encore plus d’optimisme: «Nous venons d’avoir la confirmation pour la Tanzanie, le Sri Lanka et la Tunisie.» Roman Mehrow, fondateur de l’agence zurichoise, est persuadé que d’autres destinations lointaines devraient être accessibles cet été: «Les Seychelles et les Maldives seront à nouveau accessibles au mois d’août, ainsi que quelques îles dans les Caraïbes.» Il est cependant peu probable que ces incontournables du tourisme de luxe parviennent déjà à capter une partie de la clientèle. Entre les restrictions sanitaires et la forte réduction de l’offre aérienne, les voyageurs fortunés, encore fortement marqués par la pandémie, attendront certainement cet hiver avant de se lancer dans de tels périples. Pour Nicolas Ambrosetti, fondateur de VickyH Destinations à Genève, le coronavirus aura un autre impact sur le secteur du tourisme de luxe: «Désormais, les yachts, les jets privés et les villas sécurisées sont plébiscités par nos clients. C’est une tendance forte.» Une tendance confirmée par Sophie Arbib, directrice d’Exclusif Voyages à Paris: «Cela représente environ 50% de nos demandes actuelles. Les yachts et les villas en France sont particulièrement recherchés.» Le fondateur du label Traveller Made ajoute: «Les villégiatures en mode privé ont fortement la cote. Ce furent les premières réservations faites par les clients dès la fin mai afin de sécuriser au moins quinze jours de vacances.»

Vue de la crête montagneuse Tre Cime di Lavaredo, Tirol du Sud, Parc national des Dolomites dans les Alpes italiennes (Shutterstock)

Chute des réservations

Pour voyager partout comme avant, il faudra donc patienter. Plusieurs mois au moins. Une réalité qui a un impact direct sur le chiffre d’affaires des agences de voyage haut-de-gamme. Celles que nous avons contactées déplorent une baisse des réservations d’environ 80%. Un séisme économique dont les conséquences sont encore difficiles à prévoir. Quentin Desurmont tient cependant à rester optimiste: «En Europe, les agences sont agiles et bien réglementées avec une très bonne protection des voyageurs.» Leur survie dépendra certainement de la rapidité à laquelle le secteur du tourisme de luxe pourra repartir. Et ça, personne ne peut le prédire...  

L’aviation privée espère profiter des mesures sanitaires imposées aux lignes commerciales traditionnelles. (DR)

Jets privés: timide retour de la demande

Terrassé par la pandémie de coronavirus, le secteur de l’aviation privée aperçoit enfin la lumière au bout du tunnel. Ce que confirme Samuel Werner, directeur des opérations chez Speedwings: «Nous sortons très timidement d’une phase de profonde léthargie. Malgré ce redressement sensible, le bilan du mois de mai est préoccupant avec une chute de 80% du nombre d’heures de vol par rapport à l’année précédente.» Un optimisme prudent partagé par Florent Sériès, directeur commercial chez TAG Aviation: «Les gens sont impatients de pouvoir voyager à nouveau. Mais de nombreux secteurs vont être durement touchés par les effets de cette crise et cela se ressentira nécessairement sur notre activité. Je pense donc que les gens vont moins voyager, mais préfèreront, s’ils le peuvent, le jet d’affaire à la ligne aérienne.» Avec moins de contraintes sanitaires et une distanciation physique assurée, l’aviation privée pourrait ainsi attirer les habitués de la première ou de la business class. Même si Walter Chetcuti, président de l’Association genevoise d’aviation d’affaires (AGAA), confirme que tout le monde navigue à vue: «La reprise reste peu sensible et les prévisions d’avenir peu visibles.»

Partager l'article

Continuez votre lecture

Gastronomie & Vins

Taipei: le temple de la gastronomie fusion

S’il ne fallait citer qu’un seul restaurant à Taipei, ce serait le Din Tai Fung. De simple cantine servant des raviolis chinois, l’enseigne est devenue […]

By Fabio Bonavita

America’s Cup: Luna Rossa repart en mer
Auto & High TechGrand angle

America’s Cup: Luna Rossa repart en mer

Sur la base Luna Rossa de Cagliari, les jours et les nuits s’enchaînent à un rythme infernal. Les supers ingénieurs, techniciens et navigateurs qui composent […]

By Cristina D’Agostino

S'inscrire

Newsletter

Soyez prévenu·e des dernières publications et analyses.

    Conçu par Antistatique