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Julian Charrière, l’artiste suisse prisé par le luxe

Emmanuel Grandjean

By Emmanuel Grandjean22 octobre 2026

Il est l’artiste suisse qui monte. Son œuvre exprime le chaos écologique à travers une œuvre à la fois poétique et technologique. Une démarche sans militantisme qui a lancé sa carrière internationale et engagé une collaboration fructueuse avec Ruinart en 2025.

La galerie genevoise Olivier Varenne présente l'exposition «Julian Charrière & Jannis Kounellis», jusqu’au 31 octobre (DR)
Dans les profondeurs de la Tasmanie se trouve une étrange machine. Sous le grès triasique de la plus grande des îles australiennes, là où se cache en partie le Museum of New and Old Art (MONA) souterrain et complètement fou, Breathe rend à la Terre son oxygène primitif et donne aux visiteurs l’occasion de respirer cet air originel extrait d’une roche d’oxyde de fer de 2,8 milliards d’années. «2,8 milliards d’années, c’est le moment de la Grande oxydation, explique l’artiste vaudois Julian Charrière, créateur de ce dispositif complexe qu’il a conçu pendant trois ans avec des scientifiques et des ingénieurs chimiques. C’est cet instant décisif de notre planète qui va mettre en place les conditions de la vie.» Pour goûter à la prouesse, l’installation procède d’un certain rituel: le spectateur entre seul dans une sorte de chapelle pour faire communion avec les temps profonds et expérimenter la matière invisible de cette sculpture immatérielle.

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Un intérêt pour la chose technique et l’espace naturel

L'artiste suisse Julian Charrière devant son oeuvre Breathe, exposée au MONA de Tasmanie (Mona/Jesse Hunniford/Courtesy l'artiste et MONA)

[Jannis Kounellis] et moi partageons cet intérêt pour la matière vue à la fois comme une archive, une mémoire, mais aussi comme quelque chose qui peut potentiellement se transformer

Julian charrière, artiste

Parce que la nature et ses phénomènes sont les sources principales de son inspiration, on a souvent fait de Julian Charrière un artiste de l’écologie. Alors oui, son œuvre parle de l’environnement et de sa dégringolade, mais davantage à travers la poétique technologique de ses dispositifs qu’une conscience farouchement militante. Un intérêt pour la chose technique et l’espace naturel qui l’a aussi poussé à suivre les cours de la Haute école d’art de Sierre plutôt que ceux de l’ECAL, où le cursus artistique est davantage hérité de la tradition picturale moderne, avant de poursuivre aux Beaux-Arts de Berlin, au sein de l’Institut für Raumexperimente, créé en collaboration avec l’artiste danois Olafur Eliasson.

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