Hermès fait mieux que la majeure partie du secteur du luxe au troisième trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires en hausse de 4,3% à taux de change constants, à 4,10 milliards d’euros. Une croissance soutenue par la maroquinerie et la forte demande dans les Amériques et au Japon, tout en étant ralentie par le l’horlogerie et le prêt-à-porter.
Le nouveau magasin Hermès du Hilton Plaza East à Osaka a été inauguré en mai 2026. Le Japon est le deuxième marché pour la marque (Hermès)
La Maison Hermès a poursuivi sa trajectoire de croissance au troisième trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires en hausse de 4,3 % sur un an à taux de change constants, à 4,10 milliards d’euros. Sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes ont atteint 12,26 milliards d’euros, en progression de 5,5% à taux de change constants. La croissance trimestrielle a néanmoins ralenti par rapport à celle enregistrée depuis le début de l’année, dans un environnement moins favorable pour le luxe.
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La maroquinerie reste le moteur de la croissance
La maroquinerie-sellerie demeure le principal moteur de croissance du groupe, avec des ventes en hausse de 10,8% au troisième trimestre, contre une progression de 10,2% sur les neuf premiers mois. Cette division représente environ 46 % du chiffre d’affaires depuis le début de l’année. Sa solide performance reflète la demande toujours soutenue pour les sacs emblématiques de la maison et ses nouvelles créations, ainsi que l’augmentation des capacités de production.
La soie et les textiles constituent également un signal encourageant. Si leur croissance a ralenti à 1,4% au troisième trimestre, leur chiffre d’affaires reste en hausse de 7% sur neuf mois. Ancrée dans l’histoire et l’héritage d’Hermès, la soie représente à la fois un pilier créatif de la maison et une porte d’entrée pour les clients aspirationnels souhaitant acquérir leur premier produit Hermès. À l’inverse, le prêt-à-porter et les accessoires ont reculé de 2% au trimestre, témoignant d’une demande plus faible, notamment en Chine.
Difficultés de l’horlogerie et incertitudes liées au tourisme
L’horlogerie reste sous pression, avec un recul de 1,9% sur les neuf premiers mois de l’année. La baisse a été plus marquée au troisième trimestre, atteignant environ 6%, ce qui témoigne de la persistance des difficultés sur le marché des montres de luxe. Malgré l’enrichissement continu de son offre, Hermès évolue dans un segment où la demande demeure plus difficile à stimuler.
Sur le plan géographique, les Amériques (+13,1% sur neuf mois) et le Japon (+10,5%) se distinguent par leur dynamisme. La Corée du Sud fait également preuve de résilience. Ces évolutions contrastées soulignent l’importance de la diversification géographique, alors que la demande chinoise demeure fragile.
En France, la clientèle locale reste fidèle et continue de soutenir l’activité. Toutefois, les récentes manifestations dans l’Hexagone, ainsi qu’en Italie suscitent des interrogations quant à la confiance des touristes et à la fréquentation des quartiers commerçants haut de gamme. Une éventuelle baisse du nombre de visiteurs internationaux pourrait peser sur les ventes, notamment auprès des touristes asiatiques, qui constituent une clientèle importante pour les boutiques de luxe européennes.
Dans un communiqué, Axel Dumas, PDG d’Hermès, affiche sa confiance: «Malgré un environnement complexe, Hermès poursuit sa croissance rentable et maintient son cap […]. C’est avec un grand enthousiasme que nous préparons une nouvelle année riche en créations, avec la première collection de prêt-à-porter masculin signée Grace Wales Bonner et le lancement de la Couture par Nadège Vanhée en janvier prochain.»
Ces lancements annoncés illustrent la volonté de la maison de renouveler son offre créative tout en préservant ses fondements artisanaux.
À retenir:
- Hermès affiche une hausse de 4,3% de son chiffre d’affaires au troisième trimestre, à taux de change constants. La maroquinerie-sellerie reste le principal moteur, avec une progression de 10,8%.
- La soie et les textiles progressent de 7% sur neuf mois, confirmant l’importance de cet héritage historique, tandis que l’horlogerie et le prêt-à-porter restent sous pression.
- Les Amériques et le Japon soutiennent la croissance, malgré une demande chinoise fragile et des incertitudes liées au tourisme en Europe. Hermès mise sur son modèle artisanal et de nouvelles créations pour poursuivre son développement.
Malgré la conjoncture économique compliquée, certains acteurs du marché tirent encore aisément leur épingle du jeu. C’est le cas d’EssilorLuxottica qui confirme sa solidité dans ses derniers résultats financiers publiés le 20 octobre 2026.
LVMH, le numéro un mondial du luxe affiche une croissance organique de 1 % au troisième trimestre 2026 à 18,5 milliards, conforme aux attentes. Mais la mode et maroquinerie, son moteur de rentabilité, recule de 5 %, plus que ne l’anticipaient les analystes, pénalisée par le ralentissement de la demande chinoise.