Construite par Peter Zumthor, l’extension de l’institution bâloise, entièrement financée par des fonds privés à hauteur de 120 millions, lui permet de gagner 40% d’espace d’exposition, mais aussi de doubler la superficie de son parc, l’autre star de la Fondation.
L'extension de la Fondation Beyeler, imaginée par l'architecte star Peter Zumthor, sera inaugurée le 14 janvier 2027 (Iwan Baan)
Au classement des institutions artistiques les plus fréquentées de Suisse, c’est le Kunsthaus de Zurich qui fait la course en tête avec 540 000 visiteurs par an. Elle devance légèrement le second de ce peloton hautement culturel, à savoir la Fondation Beyeler qui attire 509 000 personnes du côté de Riehen, dans la campagne bâloise. Parions que le challenger va rapidement prendre les devants au vu de son programme d’expositions 2027 (Frida Kahlo, Louise Bourgeois et Elisabeth Peyton, rien que des blockbusters) et, surtout, avec l’ouverture officielle, le 14 janvier prochain, de ses nouveaux bâtiments dessinés par l’architecte Peter Zumthor, grison d’adoption, mais bâlois de naissance.
Newsletters
Cet article vous plaît ?
Inscrivez-vous à nos newsletters pour recevoir les dernières publications et analyses selon nos 4 thématiques:
NewsGen ZAnalysesTrends to watch
1500 m2 supplémentaires
L'architecte Peter Zumthor (Martin Mischkulnig)
Inaugurée en 1997, la fondation du galeriste et collectionneur bâlois Ernst Beyeler avait pour objectif de présenter des expositions temporaires ainsi que les chefs-d’œuvre réunis par son propriétaire, parmi lesquels un fameux Nymphéas de Monet. Face au succès phénoménal, les 3800 mètres d’espace d’exposition dessinés par Renzo Piano se révélèrent rapidement insuffisants. En 2016, un concours est lancé pour offrir au bâtiment une extension. Dix ans plus tard, ce sont donc 1500 mètres carrés de surface supplémentaires, soit 40% en plus, qui sont désormais à la disposition de la Fondation.
Sauf que niveau architecture, entre Renzo Piano et Peter Zumthor ce n’est pas exactement la même école. Au monolithe aplati à éclairage zénithale construit il y a 29 ans par le premier, répondent trois bâtiments, un pour l’administration, un autre dédié à des concerts, mais accessibles en tout temps pour consulter un catalogue ou ne rien faire, et un dernier, le plus spectaculaire, le Wyss Museum du nom du président de la Fondation et principal mécène de cette opération à 120 millions de francs entièrement financée par des fonds privés. Un édifice minéral qui s’élève sur trois étages percés de grandes baies vitrées ouvertes cinématographiquement sur les champs et qui affiche en façade la couleur légèrement ocre du calcaire jurassien dont il est constitué.
La nature comme point commun
C’est en fait la nature qui assure l’harmonie de ces deux styles éloignés, aussi bien esthétiquement que physiquement, de quelques dizaines de mètres. Ernst Beyeler avait l’obsession du paysage au point d’avoir intimé à Renzo Piano d’ouvrir largement son musée sur la campagne. Zumthor prend un autre parti, celui de plier son architecture à la végétation existante en construisant son bâtiment principal autour des arbres: un vieux ginkgo, un séquoia et un bosquet de platanes qui ont imposé ce plan en Y à son projet. Avec cette nouvelle extension, la Fondation double surtout sa superficie verte et donc la possibilité offerte à ses visiteurs de profiter gratuitement d’un parc sublime parsemé de sculptures, mais pas trop, dans lequel les artistes seront chaudement invités à intervenir (le jardin de Fischli/Weiss sera visible dès le printemps prochain). Dernier détail horticole très parlant: la petite orangerie classée monument historique, propriété de la commune de Riehen, abrite désormais une jardinerie chic où le visiteur peut acheter des plantes, des cache-pots et des ouvrages pour avoir la main verte dans un décor dessiné par la designer et architecte d’intérieur India Mahdavi.
Constellations, l’exposition inaugurale de l’extension de la Fondation Beyeler, se visite en jauge limitée jusqu’au 14 janvier 2027 et seulement sur pré-réservation en ligne sur le site : fondationbeyeler.ch
Organisé pour la première fois par Vacheron Constantin et la maison Phillips in Association with Bacs & Russo, le Concours d’Élégance Horlogère réunissait récemment son jury pour la sélection des 34 montres en lisse pour le concours. Plus de 550 modèles rares ont été confiés par des collectionneurs de Vacheron Constantin.
Plus dépensiers, mieux informés et paradoxalement plus discrets, les acheteurs de la Gen Z privilégient les acquisitions pondérées et les cercles privés. L’étude The Art Basel and UBS Survey of Global Collecting révèle ainsi une transformation profonde des pratiques d’acquisition.