Art
Art Basel Paris 2024: des ventes à plusieurs millions de dollars
Alors que la troisième édition du salon Art Basel à Paris a pris fin ce dimanche 20 octobre, la France confirme de nouveau son rôle central dans l’univers de l’art moderne et sa position de quatrième
marché mondial de l’art. Le rapport
The Art Basel & UBS Art Market Report 2024 mentionne par ailleurs, que Paris rassemble la moitié de toutes les transactions d’art en Europe.
Cette année, le cadre choisi pour l’événement était relativement exceptionnel: pour la première fois, le Grand Palais, considéré comme l’un des monuments les plus admirés pendant les
Jeux olympiques, a servi de lieu d’accueil pour les 195 galeries participantes. La grande foire d’art contemporain a recensé 41 exposants de plus par rapport à l’édition précédente, soit une progression significative de 26 %. Durant les deux jours, l’événement a attiré pas moins de 65 000 visiteurs, contre les 40 000 dénombrés lors des deux années passées.
Le bilan présenté par les organisateurs ne mentionne pas les retombées financières globales de l’exposition, mais plusieurs ventes majeures ont tout de même été connues. L’une des plus remarquées a été Insile (2013), de Julie Mehretu, une œuvre monochrome mêlant dessin d’architecture et gestes abstraits, vendue par la galerie White Cube pour 9,5 millions de dollars. Notons aussi le stand de la new-yorkaise Gladstone qui a vendu une série d'objets de Mike Kelley pour 2 millions de dollars, ou encore l’Italienne Cardi, qui a écoulé la majeure partie des œuvres de Jannis Kounellis, Daniel Buren, Gianpietro Carlesso et Donald Judd, entre 300 000 et un million d’euros. La galerie Ortuzar Projects a quant à elle cédé la série de six peintures de l’artiste Takako Yamaguchi, très remarquée à la Biennale de Whitney, pour 300 000 dollars chacune.
Les ventes de Kukje - unique galerie coréenne présente à Art Basel cette année - ont aussi fait partie des transactions les plus importantes. Déjà très remarquée la semaine précédente à l’occasion de Frieze London, la galerie a vendu à Paris une œuvre de l’artiste Lee Ufan autour d’un million de dollars, un tableau de Ha Chong-Hyun pour 240 000 dollars, et une œuvre du sculpteur Jean-Michel Othoniel pour 120 000 dollars.
Art Basel Paris s’est organisée autour de trois pôles de vente: «Galeries», regroupant les galeries internationales affirmées; «Émergence» pôle créé pour mettre en avant les artistes émergents, et enfin «Premise», une nouvelle catégorie dédiée aux propositions atypiques. Cette dernière présente aussi des œuvres antérieures à 1900, respectant l’engagement d’Art Basel Paris pour une interprétation plus inclusive de l’histoire de l’art.
Si les organisateurs définissent les ventes comme satisfaisantes, elles sont tout de même loin des transactions records enregistrées il y a quelques années. Le contexte géopolitique actuel a inévitablement ralenti
le marché: selon le rapport annuel
Art Basel-UBS publié en mars, il s’est réduit de 4 % en 2023 et peine à retrouver sa performance d’antan. La prochaine édition de Art Basel, d'ores et déjà fixée du 17 au 19 octobre 2025, confirmera ou non cette tendance.