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Vente de De Beers: Anglo American veut tourner la page du diamant avant l’été 2026

Eva Morletto

By Eva Morletto17 juin 2026

Le 16 juin, en marge du sommet économique Reuters NEXT Europe organisé à Londres, Al Cook PDG de De Beers indiquait que la vente du diamantaire par la société mère Anglo American allait se concrétiser d’ici «quelques semaines, plutôt que quelques mois.»

Entre 2022 et 2025, la valeur comptable de De Beers a en effet chuté de plusieurs milliards de dollars, tandis que les ventes sont passées de près de 6,6 milliards de dollars en 2022 à 3,5 milliards l’année dernière (Shutterstock)

Deux ans après l’ouverture du processus de cession, le groupe minier britannique semble enfin prêt à tourner la page de l’un des symboles les plus puissants du luxe du XXe siècle. 

L’affirmation de Al Cook n’est pas le fruit du hasard. Depuis 2023, la société Anglo American préfère orienter son portefeuille vers le cuivre, le fer et les métaux rares liés aux nouvelles technologies. Les diamants naturels apparaissent désormais comme un actif plus vulnérable. Entre 2022 et 2025, la valeur comptable de De Beers a en effet chuté de plusieurs milliards de dollars, tandis que les ventes sont passées de près de 6,6 milliards de dollars en 2022 à 3,5 milliards l’année dernière. Dans le même temps, la production a chuté de 35 à 21,7 millions de carats. 

L’impact des diamants de laboratoire sur la demande de pierres naturelles

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Le recul de la consommation de luxe en Chine, ainsi que l’arrivée en masse de diamants de laboratoire sur le marché américain, sont parmi les principaux facteurs qui ont entraîné trois années consécutives de contraction de la demande de diamants naturels. Pour autant, les candidats à l’acquisition du géant De Beers ne manquent pas et différents consortiums aspirent à conclure l’opération de rachat. 

Alors que le Botswana avait initialement exploré une alliance avec l’Oman Investment Authority et d’autres partenaires africains, les négociations semblent avoir évolué vers des consortiums plus complexes, qui associent États producteurs comme le Botswana ou la Namibie, capitaux du Golfe et vétérans de l’industrie diamantaires, à l’instar de l’ancien PDG de De Beers, Gareth Penny, ou de l’homme d’affaires israélien Nir Livnat. La composition exacte des deux offres finales n’a pas encore été rendue publique. 

L’enjeu pour les états africains est crucial. Le Botswana détient déjà 15 % de De Beers; les diamants représentent encore environ 80 % de ses exportations et près d’un tiers du PIB national. Une montée au capital permettrait au pays de sécuriser davantage la chaîne de valeur et d’augmenter son influence sur la commercialisation mondiale des pierres précieuses. 

Une raréfaction de l’offre pourrait faire augmenter le prix des diamants à moyen terme

Il faut considérer aussi que pour les acteurs intéressés, l’opération présente un important attrait à moyen-long terme: la rareté. La mine de Luele, active depuis 2013 en Angola, est le seul gisement majeur découvert pendant ces derniers vingt ans. Plusieurs mines importantes au Canada ou en Afrique australe doivent fermer ou réduire leur activité d’ici 2027. Cette contraction de l’offre pourrait en conséquence faire augmenter fortement les prix des diamants dans les années à venir. 

À retenir

Vente imminente: Anglo American s'apprête à céder De Beers, « une affaire de quelques semaines » selon son PDG, pour se recentrer sur le cuivre et les métaux stratégiques.

Activité en chute: ventes divisées par deux depuis 2022 (3,5 milliards de dollars), plombées par les diamants de laboratoire et le recul de la demande chinoise.

Repreneurs en lice: des consortiums mêlant Botswana, capitaux du Golfe et vétérans du secteur visent un marché où la raréfaction des mines pourrait relancer les prix.

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