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Pourquoi les bureaux de Brunello Cucinelli, Goyard et Moncler ont-ils été perquisitionnés par la police italienne

Jacqueline Chelliah

By Jacqueline Chelliah20 juillet 2026

Onze maisons de luxe, dont le bureau italien de Goyard, Moncler et Brunello Cucinelli, ont été perquisitionnés par la police le jeudi 16 juillet 2026, dans le cadre d’une enquête sur le travail des sous-traitants du luxe. Explications.

La boutique Moncler de la Galleria Vittorio Emanuele à Milan (Moncler)

La justice milanaise continue à faire trembler les maisons de luxe avec une grande enquête sur les pratiques industrielles de grands noms de la mode. Accusées de violations en matière de droit de travail, onze sociétés sont soupçonnées d’avoir eu recours, de manière indirecte, à de la main d’œuvre chinoise travaillant sur sol italien, dans des conditions jugées inhumaines, certains étant logés dans des habitations insalubres.

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Une enquête qui met en cause les pratiques de sous-traitance du luxe italien

Plus précisément, selon ce que révèle le quotidien italien 24 Ore il Sole, «les grandes marques auraient eu recours, pour leurs approvisionnements, à des sociétés «écrans», garanties par leur bonne réputation; mais celles-ci se seraient à leur tour tournées vers des usines chinoises ne respectant pas les normes d’hygiène et de sécurité, au sein desquelles les droits des travailleurs ne seraient pas garantis et les salaires seraient bien inférieurs aux taux en vigueur.» Toujours selon le quotidien, «Toutes ces entreprises ont fait appel à Moda Fashion Style srl et à Isacco Srl, qui ont fait l’objet de perquisitions en mai dernier, au cours desquelles des articles signés par ces marques ont été découverts.»

En juillet 2025, Loro Piana, spécialiste du cachemire et propriété à 80% du groupe LVMH, avait même été placé temporairement sous administration judiciaire, après des révélations sur des ateliers de sous-traitance liés indirectement à sa chaîne de production.

Selon nos informations, sur 40% de la production textile de luxe italienne, plus de 60% d’entre elles emploieraient moins de dix salariés, tout en utilisant des fournisseurs dont l’opacité fragilise la crédibilité du luxe Made in Italy.

Les marques dans l’œil du viseur de la justice et auxquels il a été demandé de fournir des documents sont : Owenscorp Italia (siège à Turin); Chanel (Milan); Brunello Cucinelli (siège à Corciano); Goyard Italie (Milan); Moncler (Milan); Stefano Ricci (Fiesole); Bulgari (Rome); Jacob Cohen Company (Milan); Etro (Milan); F.Vl (Brogliano); Brandart (Milan).

Des contrôles renforcés malgré les tensions avec le gouvernement italien

Ces nouvelles perquisitions prolongent donc une série de contrôle lancée par les autorités italiennes en 2023, exigeant que les maisons de luxe s’engagent à travailler avec des fournisseurs respectueux des lois sur le droit de travail.

La justice italienne semble déterminée à encourager les marques à la transparence et au financement d’initiatives de contrôle sur l’ensemble de leurs chaînes d’approvisionnement, dans un secteur qui vit une pression économique constante.

Pourtant, le gouvernement italien ne semble pas soutenir le travail du procureur milanais. Soucieux de protéger l’image du secteur, le ministre de l’Industrie, Adolfo Urso, avait pris la défense des géants du luxe dans une déclaration, estimant que «la réputation du made in Italy était attaquée».

À retenir:

• Onze maisons de luxe, dont Brunello Cucinelli, Goyard et Moncler, ont été perquisitionnées dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de recours indirect à des ateliers de sous-traitance exploitant une main-d'œuvre chinoise dans des conditions illégales.

• Les enquêteurs soupçonnent les marques d'avoir travaillé via des sociétés écrans qui faisaient ensuite appel à des usines ne respectant ni les normes d'hygiène ni les droits des travailleurs.

• Ces perquisitions s'inscrivent dans une offensive lancée depuis 2023 par la justice italienne pour renforcer la transparence des chaînes d'approvisionnement, malgré les critiques du gouvernement, qui craint un impact sur l'image du Made in Italy.

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