Mode
Fashion Week de Milan: à quoi faut-il s’attendre ?
La Fashion Week de Milan a à peine commencé qu’elle attire déjà tous les regards des fans de la mode et des acteurs du secteur. Jusqu'au lundi 23 septembre, la capitale lombarde accueillera les collections féminines printemps-été 2025. L'événement prévoit un total de 173 rendez-vous, dont 57 défilés physiques et 8 numériques, 69 présentations, 6 présentations sur rendez-vous et 33 événements. Parmi les maisons inscrites au calendrier, on retrouve notamment Marni, Iceberg, Alberta Ferretti et
Fendi. Cette année, le lundi 23 septembre sera consacré aux contenus numériques présentés sur la plateforme
CNMI (Camera Nazionale Della Moda Italiana).
Cette édition voit aussi la célébration de plusieurs anniversaires. Iceberg se prépare à fêter sa 50ème année depuis la création de la griffe en 1974 à l’initiative des créateurs Silvano Gerani et Giuliana Marchini. Un défilé de mode conçu par James Long, directeur créatif de la marque, marquera cette date clé. Également, Laura Biagiotti s’apprête à fêter sa cinquantième année de défilé dans le calendrier de la Fashion Week milanaise.
Mais malgré l’atmosphère joyeuse qui entoure comme d’habitude l’événement très attendu, les cœurs ne sont pas totalement à la fête. Selon Confartigianato (l’association qui représente les entreprises artisanales italiennes), le secteur est en état de «crise profonde» et subit «la dégradation des indicateurs au cours de l'été». En effet, durant les six premiers mois de l'année 2024,
les maisons de mode ont enregistré globalement «une baisse de 5,3% des exportations, soit une perte de 1,8 milliard d'euros en valeur».
Même le secteur de la chaussure, l'un des piliers de l'industrie de la mode en Italie, ne se porte pas à merveille: le premier semestre a été marqué par une baisse de son chiffre d'affaires (-9,1%) et des exportations en chute libre (-8,5%). Pourtant moteur du secteur avec 85% des paires produites en Italie vendues en dehors des frontières nationales, les ventes par exportations se révèlent être les plus touchées.
Les anticipations des acteurs du secteur pour le second semestre excluent toute amélioration majeure à court terme. L'enquête menée par Confartigianato auprès des entreprises membres, montre que la majorité d’entre elles (56% du panel) s'attendent à une baisse du chiffre d'affaires au troisième trimestre en cours par rapport à la même période en 2023. Trois entrepreneurs sur quatre estiment que 2024 n’offrira pas des résultats aussi bons pour leur entreprise que l'année précédente.
Malgré la crise, la mode de luxe joue la carte de la nouveauté grâce à des opérations de communication qui contribueront à booster l’identité des marques. C’est le cas du tournage de la série culte
«Emily in Paris» qui se délocalise à Rome pour une cinquième saison, tout juste validée par Netflix. La beauté de la capitale et les marques italiennes, déjà présentes en fin de saison 4, seront de nouveau mises à l’honneur. Parmi les maisons choisies par le costume designer Marylin Fitoussi on retrouvera Armani, Zegna, Pucci, Valentino, Miu Miu,
Versace, Tod’s, Berluti, et bien d’autres. Serait-ce une manière de confirmer le
soft power du
made in Italy? Les paris sont ouverts.