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États-Unis: le luxe rattrapé par la prudence des consommateurs

Eva Morletto

By Eva Morletto07 octobre 2026

Les dépenses américaines par carte bancaire dans le luxe ont chuté de 6% en septembre 2026, après deux mois de recul de 4%. Un signal préoccupant pour un marché qui reste pourtant central pour l’industrie du luxe.

La cinquième Avenue de New York, un symbole du consumerisme américain (Shutterstock)
À quelques semaines des élections de mi-mandat, le premier marché mondial du secteur du luxe ne rassure pas l’industrie du luxe. Citigroup, l’un des plus grands groupes bancaires américains, tire la sonnette d’alarme après l’analyse de plusieurs millions de transactions. Il s’agit du troisième mois consécutif de baisse, après -4% en juillet et -4% au mois d’août.

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Les États-Unis ne jouent plus leur rôle d’amortisseur

Ce chiffre est préoccupant, tant les États-Unis constituaient jusqu’à présent l’un des principaux amortisseurs du ralentissement mondial du luxe. Face à une Chine moins dynamique et à un contexte géopolitique sous tension depuis plusieurs mois, les maisons comptaient sur la richesse accumulée par les consommateurs américains les plus aisés, notamment grâce à la bonne santé des marchés financiers et au boom des industries liées à l’intelligence artificielle. Toutefois, le dynamisme de Wall Street ne représente pas le miroir de tout le pays, qui s’affiche globalement beaucoup plus prudent.
Cette baisse ne traduit pas nécessairement un appauvrissement brutal des Américains mais elle révèle plutôt un changement de comportement. À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, l’incertitude politique s’ajoute en effet aux craintes liées à l’économie. Les taux obligataires américains ont atteint début octobre leurs niveaux les plus élevés depuis 2002 et le taux moyen d’un crédit immobilier à trente ans est remonté à 7,28%. 

La résilience du marché diffère selon les segments

Citigroup a observé par exemple une amélioration de la maroquinerie et du prêt-à-porter en septembre. En revanche, il y aurait eu une nouvelle détérioration des ventes de montres et de joaillerie haut de gamme.
Le risque majeur reste celui d’une polarisation accélérée du marché. Les clients ultrafortunés continuent d’acheter, tandis que la clientèle aspirationnelle, plus exposée aux aléas économiques, commence à contenir et à espacer les dépenses. 
Pour les groupes bien implémentés aux États-Unis, à l’instar de LVMH, Tapestry ou Ferragamo, la stratégie de hausse des prix a atteint également ses limites. Plus les maisons augmentent leurs tarifs pour protéger leurs marges, plus elles limitent la population capable d’entrer dans leur univers.
À retenir:
- Les dépenses américaines dans le luxe reculent pour le troisième mois consécutif, avec une baisse de 6% en septembre, après -4% en juillet et en août.
- Le ralentissement touche davantage l’horlogerie et la joaillerie haut de gamme, tandis que la maroquinerie et le prêt-à-porter montrent des signes d’amélioration.
- Le marché se polarise davantage: les consommateurs ultrafortunés continuent de dépenser, tandis que la clientèle aspirationnelle devient plus prudente, notamment face à la hausse des prix.

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