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Les conséquences de la surconsommation du cachemire
Chaque hiver, la consommation de cachemire explose. Si la matière reste considérée comme un bien de luxe, sa commercialisation en masse s’accentue. La demande croissante de cachemire est liée d’une part aux qualités intrinsèques de cette laine originaire du sous-continent indien dont on entend parler depuis le XVe siècle: sa douceur, sa délicatesse et sa résistance en font une denrée très recherchée. D’autre part, les classes moyennes aisées se développent dans le monde entier et amplifient la demande de cachemire.
Si la matière subit une dynamique de démocratisation – on peut aujourd’hui observer des pulls en cachemire dans toutes les collections de marques de
fast fashion – des maisons reconnues sur le plan international comme
Brunello Cucinelli, Loro Piana ou
la Française Éric Bompard se partagent le marché du cachemire haut de gamme. Mais celui-là, exactement comme la beauté, attire aussi les grands noms du show-business. Brad Pitt a fondé sa marque très haut de gamme God’s True Cashmere (entre 1650 et 1970 euros la chemise ou le pull), en collaboration avec la créatrice Sat Hari, d’abord de façon confidentielle à Los Angeles, et désormais lancée à l’international. La mannequin américaine Gigi Hadid s’est positionnée dans le sillage de l’acteur en se lançant à son tour dans le cachemire de luxe, avec la nouvelle griffe Guest in Residence (251 euros le polo, 470 euros le cardigan). Le marché, pourtant encombré, reste donc particulièrement rentable.
Le secteur se trouve toutefois confronté à une série de problématiques – sociales et écologiques – liées à la surconsommation. La crise sanitaire a amplifié ces phénomènes, en frappant lourdement la filière des éleveurs mongols. Aujourd’hui, les marques de luxe se retrouvent au premier rang dans la défense d’un cachemire durable et éthique, afin d’éviter la disparition de cette précieuse matière.
La production annuelle mondiale est estimée entre 13 000 et 18 000 tonnes. Actuellement, les élevages de chèvres de cachemire se trouvent surtout en Chine, en Mongolie et – dans une moindre mesure – en Iran et en Afghanistan. Chine et Mongolie produisent 90% du cachemire mondial. La Mongolie a été particulièrement affectée par la pandémie de Covid-19. Avec le repli de la Chine et la fermeture des douanes, le prix des fils de cachemire a chuté jusqu’à 50%. Si en 2019 un kilo de cachemire coûtait environ 38 dollars, en 2020, on en trouvait à 24 dollars le kilo. Cela a eu un fort impact sur le produit intérieur brut de la Mongolie qui a perdait 6% à cause de la réduction drastique des exportations. Aujourd’hui, 23 000 familles dépendent directement de l’élevage de chèvres de cachemire en Mongolie. La Chine, elle, aurait une production de 10 000 tonnes par an pour un chiffre d’affaires estimé à 6 milliards de yuans (624 millions d’euros) alors que la Mongolie en produit environ 2700 tonnes. Le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan, la Turquie et les républiques d’Asie centrale offrent des quantités moins importantes.
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